Complémentaire santé : le terne bilan de la FNIM sur les dernières réformes

La Fédération Nationale Indépendante des Mutuelles dresse un bilan peu flatteur des différentes réformes ayant touché le monde de l’assurance complémentaire santé ces dernières années.
« Ce baromètre, cette année, me comble d’aise. » Est-ce que parce que les résultats du baromètre annuel de la Fédération Nationale Indépendante des Mutuelles (FNIM) vont dans le sens des messages régulièrement portés par son président Philippe Mixe ? Toujours est-il, la présentation de ce baromètre annuel réalisé avec le cabinet Epsy* dresse effectivement un constat global d’échec sur les réformes ayant impacté le marché de l’assurance complémentaire santé ces dernières années.
Première réforme dans le viseur de la FNIM : la généralisation de la complémentaire santé, conséquence de l’ANI du 11 janvier 2013. Si le taux de non-équipement en complémentaire santé était effectivement faible avant la réforme, il n’a guère évolué selon les données compilées par l’étude : 8 % de non-équipement (contre 7 % en 2015 et 6 % en 2013), part grimpant à 16 % pour les ménages aux revenus annuels inférieurs à 20 000 ans. « La renonciation à une complémentaire santé est particulièrement marquée chez ceux qui en ont le plus besoin, malgré la réforme de l’ACS », analyse l’étude.
L’obligation faite aux entreprises à compter du 1er janvier 2016 de proposer une complémentaire santé pour leurs salariés n’aurait également eu qu’un impact limité sur les personnes couvertes par leur entreprise en 2016 (soit 49 % de l’échantillon) : seules 1 % n’étaient pas équipées en complémentaire santé en 2015, et 9 % l’étaient en individuel (20 % via l’entreprise du conjoint et 69 % via l’entreprise). Ce qui fait dire à M. Mixe qu’un des constats tirés du baromètre 2015 se vérifie, à savoir qu’un quart seulement des personnes non couvertes en complémentaire santé envisageaient de l’être…
Une renonciation aux soins toujours stable
Seconde critique, sur l’ANI en soi. « Les salariés n’ont pas vu d’améliorations, ni en garanties, ni en tarifs avec l’ANI : c’est l’inverse qui s’est produit », considère l’étude, avec des taux d’insatisfaction perçue de 61 % quant à la couverture et 63 % quant à son tarif. Un constat à tempérer, toutefois, en raison de l’abaissement du niveau des contrats standards et l’essor partiel des options et autres surcomplémentaires.
La part de renonciation aux soins, de son côté, n’a pas bougé depuis 2014 à 37 % – un taux frôlant les 50 % pour les ménages aux revenus les plus faibles (moins de 20 000 euros par an). Dans la même logique, 26 % des personnes interrogées disent avoir rencontré des difficultés d’accès aux soins suite aux récentes réformes (ANI et contrats responsables), taux assez équivalent selon les strates de revenus.
Parmi les autres messages récurrents transpirant de cette étude de la FNIM, figure celui de la méconnaissance de ces sujets par les principaux intéressés. Si la réforme de la généralisation de la complémentaire santé a été largement communiquée et médiatisée, bien des points paraissent encore vaporeux : 61 % des personnes interrogées disent ignorer la fiscalité des contrats de complémentaire santé (et les autres se trompent pour les deux-tiers d’entre eux), 8 1% ignorent l’existence des mort-nés « contrats seniors », 74 % les tenants et aboutissants des contrats responsables, 65 % le caractère responsable de leur propre contrat ou encore 56 % l’existence du Contrat d’Accès aux Soins (CAS)…
 
Source : Argus de l’Assurance

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