CSG, sous-indexation des pensions… ce que les réformes pourraient faire perdre aux retraités


D’après une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques, huit retraités sur dix devraient voir leur pouvoir d’achat reculer en 2020 . L’une des raisons principales serait le quasi-gel des pensions prévu pour les deux prochaines années.
Le constat fait froid dans le dos. D’après une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le portefeuille des retraités va être rudement mis à l’épreuve par les différentes mesures annoncées par le gouvernement… Le think tank – classé à gauche – dresse le tableau des mesures pouvant impacter le pouvoir d’achat des retraités. Certes, certains ménages devraient bénéficier de mesures favorables comme l’exonération de la taxe d’habitation, la revalorisation de l’Aspa (ex-minimum vieillesse) ou encore l’exonération de la hausse de la CSG. Mais en parallèle, une pluie de mauvaises nouvelles va s’abattre sur eux. Parmi celles-ci, la faible revalorisation des pensions en 2019 et 2020 (0,3% par an, soit un chiffre nettement inférieur à l’inflation) et des aides au logement ainsi que la hausse de la CSG enclenchée dès 2018.
Si l’impact des premières mesures a été relativement faible cette année, les effets devraient en conséquence se faire ressentir de façon plus importante dès 2019. Alors qu’en 2018 près de six ménages sur dix comptant au moins un retraité sont estimés comme perdant du pouvoir d’achat à cause des réformes engagées par le gouvernement, en 2019, le ratio devrait passer à plus de sept sur dix. “En 2019, du fait de la sous-indexation des pensions de retraite, l’impact des mesures retenues serait globalement négatif sur le revenu disponible des retraités, et ce malgré l’annonce récente de l’annulation de la hausse de la CSG pour 300.000 retraités”, détaille Pierre Madec, l’auteur de cette étude. Dès l’an prochain, une majorité de retraités perdront en moyenne 470 euros de pouvoir d’achat par an selon l’OFCE (contre 320 euros en 2018). Et les quelques gagnants pourront compter sur un gain de 560 euros (contre 470 euros en 2018). Des chiffres qu’il faut toutefois nuancer, car l’enquête de l’OFCE se base sur une inflation à 1,6% alors que, dans ses dernières annonces, le gouvernement évoquait des prévisions à 1,3%.
Les différences de traitement, entre gagnants et perdants devraient encore grossir en 2020. Au total, huit ménages sur dix devraient voir leur pouvoir d’achat diminuer cette année-là. L’étude estime à 700 euros les pertes moyennes et à 700 euros les gains moyens. Sans surprise, l’effort demandé est plus important pour les ménages les plus aisés. Alors que les plus modestes devraient bénéficier de la hausse de l’Aspa (ex-minimum vieillesse) et de l’exonération de la taxe d’habitation, ceux percevant les plus hauts revenus devraient subir de plein fouet la sous-indexation des pensions et la hausse de la CSG. Cet écart pourrait cependant être atténué car l’étude n’intègre pas la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital ou encore la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), deux mesures plutôt favorables aux hauts revenus. Du côté des ménages avec les ressources les plus faibles, ces chiffres peuvent également évoluer car leur pouvoir d’achat pourrait notamment être impacté par la mise en place d’une aide unique pour financer une complémentaire santé annoncée dans le plan pauvreté, le reste à charge zéro pour les dépenses en optiques et dentaires ou encore le chèque énergie, aide financière permettant de payer ses factures de gaz et d’électricité.
Adeline Lorence Publié le 28/09/2018 à 12h21 Mis à jour le 28/09/2018 à 15h46
Source: Capital.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *