Des préservatifs masculins bientôt remboursés sur prescription médicale

La ministre de la Santé a annoncé mardi que des préservatifs masculins seront remboursés à partir du 10 décembre par la Sécurité sociale.

Des préservatifs masculins seront bientôt remboursés sur ordonnance pour renforcer la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST), a annoncé mardi la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur France Inter, à quatre jours de la journée mondiale de lutte contre le sida. Certains de ses prédécesseurs avaient tenté de rendre le préservatif plus accessible, à l’image de Xavier Bertrand et de son préservatif à 20 centimes d’euros en 2006, mais c’est la première fois que le remboursement est décidé en France.

Cette prise en charge par l’Assurance maladie, qui entrera en vigueur le 10 décembre 2018, concernera uniquement les préservatifs de la marque EDEN, fabriqués par le laboratoire Majorelle. Les hommes comme les femmes pourront se les procurer en pharmacie, sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. Les préservatifs seront remboursés à hauteur de 60% sur la base d’un prix de vente s’élevant à 1,30 euro la boîte de 6, 2,60 euros la boîte de 12 et 5,20 euros la boîte de 24. «Nous avons très bien négocié le prix», s’est félicitée la ministre.

«On pourra maintenant, quand on est un jeune ou quand on présente des risques particuliers, ou pas d’ailleurs, quand on est une femme ou quand on est un homme, aller voir son médecin et avoir des préservatifs remboursés sur prescription médicale», a expliqué la ministre de la Santé.

Éviter des cas d’infection sexuellement transmissible

L’objectif affiché est d’améliorer l’accès des jeunes aux préservatifs. «C’est une chance en plus pour certains d’y accéder car devoir acheter une boîte de préservatif, ça a un coût pour les adolescents», a souligné Agnès Buzyn. Cette «prescription» de préservatifs pourra notamment se faire via la consultation de prévention gratuite, récemment mise en place pour les 15-17 ans. Cette consultation est l’occasion pour les médecins d’informer les adolescents sur la contraception et les infections sexuellement transmissibles.

Cette annonce a lieu alors que le nombre de contaminations au VIH ne diminue pas. «Aujourd’hui, nous découvrons chaque année environ 6.000 nouveaux cas, (…) notamment chez les jeunes, autour de 800 à 1.000 nouveaux cas chez des gens de moins de 25 ans, qui utilisent souvent le préservatif pour leur premier rapport sexuel, mais pas dans les actes suivants», a-t-elle souligné.

Selon le laboratoire Majorelle, le préservatif remboursable devrait permettre de «réaliser d’importantes économies dans les prochaines années», en raison des cas d’IST qui seront évités. À l’heure actuelle, le coût de prise en charge des IST s’élève à 2 milliards d’euros chaque année dont 1,6 pour le seul VIH (11.000 euros par an pour un patient atteint du VIH).
 

Source : Le Figaro

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