E-santé : plébiscitée par les Français, mais des craintes subsistent

Une étude de l’institut Ifop pour Deloitte montre l’optimisme des Français quant au développement de l’e-santé comme moyen d’améliorer à moyen terme le système de santé… avec certaines réserves.
Si l’e-santé se cherche encore du côté de l’offre et des assureurs santé, elle fait l’objet, plus que jamais, d’une demande soutenue de la part des usagers du système de santé.
La nouvelle édition de l’étude santé du cabinet Deloitte, réalisée par l’Ifop*, confirme cet ancrage au sein de l’opinion publique : l’e-santé est ainsi considérée comme efficace pour lutter contre les déserts médicaux (63 % d’opinions favorables), coordonner les différents professionnels de santé (81 %) ou encore prévenir la survenance de maladies (74 %).
DES DONNÉES DE SANTÉ À LIBÉRER ?
Point notable : si des craintes subsistent naturellement, notamment concernant la confidentialité des données personnelles (43 % de l’échantillon interrogé, même proportion que pour l’année précédente), plus de sept Français sur dix se disent toutefois favorables à la mise à disposition de leurs données de santé. Les récentes prises de position de la Cour des Comptes et du Conseil d’État sur ce sujet sensible vont également dans le sens d’une ouverture moins stricte.
Bénéfices attendus de cette libération des données : favoriser la médecine prédictive et la personnalisation des traitements (82 %), suivre des programmes personnalisés de prévention (80 %) ou encore améliorer le suivi quotidien des traitements (77 %). Mais ces données seraient, sans surprise, plus à même d’être partagées avec le corps médical (87 % de l’échantillon favorable, une fois les principes de secret médical et de confidentialité des données rappelés) qu’avec, par exemple, la médecine du travail (54 %).
LES OBJETS DE SANTÉ CONNECTÉS GAGNENT DU TERRAIN
Les objets connectés d’e-santé, régulièrement mis en avant depuis plusieurs mois, commenceraient selon cette étude à trouver un public conséquent : 19 % de l’échantillon interrogé utilise de tels objets (+12 points par rapport à l’étude 2015), 13 % des applications mobiles santé (+6 points) et 45 % des sites et communautés santé (+10 points).
De même, 25 % de l’échantillon se dit prêt à utiliser des objets connectés d’e-santé, soit six points de plus que l’utilisation actuelle : cet écart est encore plus important pour les solutions de télésurveillance (17 % contre 6 %), les outils de consultation à distance (25 % contre 10 %) et le dossier médical électronique (33 % contre 13 %).
Dans le détail, les objets les plus convoités sont les traqueurs d’activité (35 %), les tensiomètres connectés (34 %) et les balances connectées (29 %). Cette différenciation s’opère également selon l’âge, la catégorie socio-professionnelle et l’usage du système de santé : ces taux sont naturellement plus élevés pour les CSP+, les 18-35 ans et les personnes se rendant régulièrement chez le médecin. Ils se manifestent également par des intentions d’achat plus élevées : alors qu’en moyenne, l’échantillon interrogé se dit prêt à débourser 5 € par mois par service d’e-santé, ce montant s’élève à 12 € pour les 18-24 ans.
* Méthodologie : enquête menée auprès d’un échantillon de 1745 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, via questionnaire auto-administré en ligne (CAWI), du 1er au 9 avril 2016.

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