Le plan du gouvernement pour lutter contre les déserts médicaux

Le premier ministre, accompagné par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a présenté les propositions du gouvernement pour lutter contre les déserts médicaux et renforcer l’accès aux soins pour tous les Français.
Comment en finir avec les fameux déserts médicaux ? Alors que le nombre de médecins en activité continue de baisser dangereusement, Édouard Philippe a profité ce vendredi de l’inauguration d’une maison de santé à Châlus en Haute-Vienne, pour présenter des mesures de lutte contre le phénomène de désertification médicale. Au menu: des aides pour les médecins hésitant à s’installer dans ces zones essentiellement rurales, des simplifications administratives et une réorganisation de l’offre médicale pour encourager les « maisons de santé ». Enfin, une volonté de faire émerger les services numériques comme la consultation à distance.
En revanche, la baisse du nombre de médecins ne fait pas l’objet de mesures particulières : l’exécutif a choisi de réorganiser les services de santé pour faire avec l’existant, et d’essayer de simplifier la vie des professionnels de santé. Pourtant, les médecins généralistes sont de moins en moins nombreux, et la tendance devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2025.
Les principales mesures du plan du gouvernement :
Renforcer la présence médicale dans les zones de manque
Le gouvernement l’annonce avant tout : il est urgent d’aider à l’installation et à l’exercice des médecins dans les zones « en tension », appelées zones « sous-denses » dans le jargon administratif. Déjà introduites par la dernière convention médicale, des aides d’un montant de 50 000 euros par médecin sur 3 ans sont confirmées, mais avec un nouveau « zonage ». Les travaux de cette redéfinition des contours des déserts médicaux commenceront en 2018.
Le gouvernement veut également s’appuyer sur les nombreux médecins qui s’apprêtent à prendre leur retraite, et s’installeront peut-être à la campagne pour leurs vieux jours : le cumul emploi/retraite sera facilité, avec une dispense de cotisation au régime de Prestation Complémentaire Vieillesse jusqu’à 40 000 euros en zone désertique, contre 11 500 euros aujourd’hui.
Pour les médecins en activité, le contrat à temps partiel en zone désertique sera plus intéressant : l’aide à l’activité passera de 10 à 25 % des honoraires réalisés sur place. De même doivent être créés des postes d’« assistants partagés » destinés aux jeunes diplômés. Le ministère veut aussi simplifier l’exercice mixte salarié/libéral. Les internes pourront plus facilement exercer en zones rurales avec un contrat de médecin adjoint (plutôt destiné aux zones touristiques actuellement), et pourront effectuer des stages plus intéressants financièrement dans les zones de désert.
Enfin, les postes d’infirmiers bénéficieront de certaines mesures (le statut ASALEE pérennisé) et les hôpitaux militaires seront mis à contribution.
Numériser certains services
Le plan annonce des négociations pour fixer les tarifs de téléconsultation. Le ministère cite l’exemple d’un patient qui pourra prendre une photo d’un grain de beauté douteux et l’envoyer directement en MMS à un dermatologue « via un système de messagerie sécurisé ». L’équipement nécessaire sera donc fourni aux établissements, moyennant plusieurs millions d’euros. Avec un sens certain du sabir technocratique moderne, le plan annonce la volonté du gouvernement de « faire émerger les territoires digitaux ».
Réorganiser l’offre de santé
Le gouvernement est clair : il souhaite doubler en cinq ans le nombre de maisons de santé, ces établissements regroupant plusieurs professionnels, et actuellement au nombre de 910 sur le territoire. L’investissement est chiffré à 400 millions d’euros, dans le cadre du grand plan d’investissement. « Nous allons accompagner les communes mais aussi les professionnels de santé pour qu’ils puissent organiser la formation, la circulation des pratiques, faire en sorte de lever les obstacles administratifs et réglementaires », détaillait dès hier jeudi le premier ministre, auprès de France Bleu Limousin.
Par ailleurs, afin de faire baisser la pression sur les urgences, le gouvernement veut aussi lancer une missions sur les « soins non programmés », c’est à dire les rendez-vous pris en moins de 24 heures. Les Agences Régionales de Santé (ARS) seront chargées de mettre en place des structures pour accueillir les patients, hors des heures d’ouverture des cabinets de médecins.
Faire confiance aux initiatives locales
Poursuivant une logique de « mise en oeuvre locale » des réformes, le gouvernement choisit d’encourager les projets élaborés en région, imaginés par les médecins, leurs patients, les institutions et les élus locaux. Les crédits alloués aux Fonds d’Investissement Régionaux (FIR) seront augmentés pour un meilleur « soutien à l’exercice coordonné et aux projets de territoire ». Les ARS seront également « appuyées ». Le plan annonce enfin la création d’un « comité d’évaluation » pour suivre chaque action territoriale et éventuellement les coordonner.
 
Source : Le Figaro

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