Pour les radiologues, la baisse des tarifs va faire des dégâts

Après la baisse des tarifs de remboursement aux radiologues décidée par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), les professionnels se rebiffent. Ils estiment que la mesure va allonger les délais d’attente pour les patients.
Les radiologues prennent comme une « attaque directe » la baisse de leurs tarifs de remboursement. Délais de rendez-vous plus long, fermetures de centres… La Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) menace de faire grève si cette mesure n’est pas retirée. La décision ayant été publiée ce dimanche 12 février dans le Journal Officiel, elle ne peut être retirée.
Les activités d’imagerie médicale représentent 4 milliards de dépenses de remboursement pour l’Assurance maladie. Face à ce budget croissant, l’organisme a cherché à ajuster la grille forfaitaire et la pertinence des actes. C’est après 18 mois de discussion et sans aucun point d’accord avec les syndicats que l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) dit avoir pris la décision d’imposer de nouveaux tarifs de remboursements. L’organisme a donc décidé de supprimer une des majorations de tarif spécifique à l’acte de radiographie qui entraîne une économie de 34 millions d’euros. Et de baisser de 2 % les forfaits techniques d’imagerie qui sont versés aux exploitants des appareils. Cette mesure correspond quant à elle à une économie de 16 millions pour l’Assurance maladie. Selon la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) la baisse totale est de 10 % pour les scanners et de 6 à 8 % pour les IRM.
Pour Philippe Masson, président de la FNMR, « L’Uncam s’en prend ici à l’investissement des centres et même aux hôpitaux avec la baisse du forfait technique. C’est une attaque directe à la profession ». Pour lui certains centres vont devoir fermer. Ce que dément Nicolas Revel, président de l’Uncam, au Parisien: « Nous récusons l’idée que cette décision pourrait conduire à des fermetures de cabinets de radiologie ».
Vers une augmentation des délais d’attente ?
Philippe Masson dénonce un autre point : « On demande aux patients de faire de plus en plus d’examens, il faut donc plus de machines et de moyens ». À cet argument l’Uncam rétorque que le nombre d’équipement a déjà augmenté dans le cadre du plan cancer. Selon le rapport 2016 de la Cour des Comptes sur l’imagerie médicale, entre 2011 et fin 2015, le parc des équipements IRM a augmenté de plus de 50 %. Et les équipements de scanner ont augmenté d’environ 15 %.
L’autre crainte des radiologues est l’augmentation du délai d’attente pour un scanner ou un IRM. Sur ce point l’Uncam affirme au Figaro qu’il n’y a pas forcément un lien entre le nombre de machine et le délai d’attente pour un rendez-vous. L’organisme s’appuie notamment sur un rapport de l’Institut National du Cancer (INCA) qui pointe des problèmes d’organisations, « Il n’y a pas de corrélation entre les délais d’attente observés et la densité d’appareils d’IRM. La baisse des délais de rendez-vous ne dépend apparemment pas de la hausse du nombre d’IRM installés », indique le rapport.
L’Uncam et le FNMR s’accordent sur un point, le délai moyen d’accès à l’IRM est d’inférieur à 30 jours. L’Uncan précise que ce délai est variable selon les régions, de 18,6 jours pour le Languedoc-Roussillon à 61,5 jours en Basse-Normandie.
 
Source : Le Figaro
Crédit Photo : Phillipe MERLE/AFP

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