Tiers payant : Agnès Buzyn épingle les complémentaires santé

Dans une interview au Quotidien du Médecin le 24 octobre, la ministre de la Santé annonce un nouveau « véhicule législatif » pour un tiers payant généralisable et remet en cause le travail des complémentaires santé sur ce chantier.
Après la publication lundi 23 octobre du rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) concluant à l’impossibilité technique de mettre en place le tiers payant généralisé pour tous les Français au 30 novembre prochain, et une interview au Journal du Dimanche confirmant l’orientation vers un tiers payant « généralisable », la ministre de la Santé Agnès Buzyn a continué mardi de préciser ses intentions par voie de presse. Dans une interview au Quotidien du Médecin, elle annonce que le gouvernement examinera quel est « le véhicule législatif le plus approprié pour aboutir à la promesse du président de la République d’un tiers payant généralisable, en lieu et place des dispositions actuelles » issues de la loi santé de Marisol Touraine.
Les complémentaires santé mises en cause
Interrogée sur le calendrier de cette nouvelle forme de généralisation, la ministre de la Santé indique qu’elle « semble atteignable rapidement » sur la partie sécurité sociale. « Ce n’est pas le cas pour la partie complémentaire. C’est surtout sur ce point que le système est trop complexe et ne fonctionne pas », déclare-t-elle. Mais si elle cite le rapport de l’Igas qui proposait une généralisation à fin 2018, Mme Buzyn ne donne pas de nouveau calendrier, disant préférer « être prudente ». Elle écarte aussi la nomination d’une « personnalité qualifiée », préconisée par l’Igas, pour relancer le chantier du tiers payant complémentaire. Ce sujet sera traité dans le cadre de la concertation avec l’ensemble des acteurs que Mme Buzyn promet à plusieurs reprises.
Avec cet entretien, la ministre de la santé semble aussi vouloir clore définitivement le débat entre tiers payant « généralisé » et « généralisable », après l’alternance de déclarations politiques – notamment de sa part – prônant au cours des derniers mois l’une ou l’autre de ces options. Elle évoque la seconde comme une solution « faisable techniquement et accessible aux professionnels de santé et aux patients qui le souhaitent ». « Je suis fidèle à ma ligne de conduite. Je ne peux pas demander aux médecins de donner davantage de temps médical pour lutter contre les déserts médicaux tout en leur imposant de la paperasserie supplémentaire », ajoute-t-elle.
 
Source : Argus de l’Assurance

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