Tiers payant : Agnès Buzyn veut que les complémentaires santé montent en puissance

La ministre de la Santé a réaffirmé sa volonté d’aboutir à un tiers payant généralisable, y compris sur la part complémentaire. Les syndicats médicaux craignent toujours les obstacles techniques.
 
À l’occasion d’une réunion du comité du tiers payant qui s’est tenue mercredi 28 mars, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a annoncé souhaiter, en parallèle du tiers payant sur la part obligatoire désormais considéré comme un « acquis », la mise en place d’un calendrier de montée en charge du tiers payant sur la part complémentaire, dans une « démarche de consensus », pour aboutir à un « tiers payant généralisable, facile, opérationnel et accessible à tous ».
NON AUX DÉRIVES BUREAUCRATIQUES
Une annonce qui a immédiatement fait réagir les syndicats. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF, premier syndicat de médecins libéraux), déclare dans un communiqué que si elle « rejoint la ministre sur le principe d’une dispense d’avance de frais, elle refuse encore et toujours les dérives bureaucratiques exponentielles ». Faisant allusion à un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur le tiers payant, qui n’a pas été rendu public et l’existence d’un double circuit de facturation et de paiement, la CSMF dénonce « un système bien trop complexe à la charge du médecin ».
Le syndicat rappelle aussi que l’intégration d’un tiers payant éventuel avec les assurances complémentaires « ne sera faite par les logiciels professionnels, au mieux, que dans un an et demi » et que « le contrôle des droits complémentaires par un système normalisé ne couvre que 60 % des bénéficiaires et au mieux 90 % fin 2018 ».
ATTENTION AUX CONFUSIONS
De son côté, le Syndicat des médecins libéraux (SML) se montre tout aussi réservé sur les pistes envisagées par le gouvernement. Le syndicat exprime aussi son opposition à une généralisation rampante qui se substituerait à la mise en place du tiers payant « généralisable ».
S’il est « nécessaire de proposer ce dispositif aux personnes en situation sociale difficile, ou nécessitant des soins lourds et coûteux comme le prévoit actuellement la convention médicale », le SML met en garde contre une confusion entre « tiers payant acquis » et tiers payant facultatif. Enfin, pour les ces cas où le tiers payant est nécessaire ou choisi par les praticiens, le SML insiste pour que l’ensemble des obstacles techniques soient « préalablement éradiqués afin d’écarter les impayés ».
 
Source : Argus de l’Assurance

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