TR: 100% Santé : les complémentaires santé pourraient être gagnantes sur l’optique

Une étude menée par le cabinet Asterès et son fondateur Nicolas Bouzou pour le compte du groupement des industriels et fabricants d’optique (GIFO) s’ajoute à celles considérant que la réforme du 100% Santé (ex-reste à charge zéro) ne sera pas neutre en termes de reste à charge pour les patients. Toutefois, ajoute cette étude, les complémentaires santé pourraient réaliser d’importantes économies…

L’objectif de neutralité de l’impact tarifaire de la réforme du 100% Santé (ex-reste à charge zéro) sur les cotisations des assurances complémentaires santé, affiché régulièrement par l’exécutif, s’est confronté à de nombreuses études n’allant pas dans ce sens ces dernières semaines. L’une d’entre elles, présentée par le courtier en ligne Santiane.fr, avait particulièrement échauffé les esprits, en préambule de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019.

Une analyse menée par le cabinet Asterès et son fondateur Nicolas Bouzou, pour le compte du groupement des industriels et fabricants d’optique (GIFO), focalisée sur le seul poste optique, considère de son côté qu’au contraire, les complémentaires pourraient – pas en totalité – en sortir gagnantes… malgré un coût important de la réforme pour les patients et, surtout, les opticiens. Une réforme plus globalement considérée comme « économiquement inefficace » par les auteurs de l’étude…

Une hausse du reste à charge attendue

Si, en préambule, le GIFO souligne que « le projet (NDLR : de la réforme du 100% Santé) et sa finalité ont été très bien accueillis par les membres du GIFO, ainsi d’ailleurs que la méthode, à savoir une large consultation des professionnels », il fait toutefois preuve par la suite d’un scepticisme sur deux fronts : l’accès aux soins optiques, notamment pour les personnes à faibles revenus, et l’industrie optique dans son ensemble.

Sur le premier front, l’étude GIFO/Asterès souligne que l’introduction d’un panier « 100% Santé » toucherait près de 20% des achats actuels de lunettes – en plus de 5/10% de panier dissocié avec des verres « 100% Santé » associés à une monture du marché libre. Par conséquent, cette mesure n’intéresserait qu’une minorité des porteurs d’équipements optiques : « pour la majorité d’entre eux, l’abaissement du plafond de remboursement des montures (NDLR : de 150 à 100€ dans le cadre des ‘nouveaux’ contrats responsables) entraînerait une hausse importante de leur reste à charge », résume l’étude.

Les complémentaires gagnantes… mais pas toutes

Du côté de l’Assurance maladie et des assureurs complémentaires santé, l’étude, soulignant préalablement que l’impact de la réforme dépendra surtout du choix des assurés et de leur recours à la dissociabilité verres/monture, considère qu’il y aura un principal gagnant : les complémentaires santé elles-mêmes ! Les complémentaires pourraient ainsi réaliser 340 millions d’euros d’économies avec la baisse de prise en charge des montures – en ajoutant l’hypothèse que 30% des assurés choisissent de dissocier leur achat de monture (panier B) de l’achat des verres (panier « 100% Santé »).

Toutefois, pondère cette analyse, l’ensemble du marché n’en sortirait pas grandi : « Les complémentaires fournissant principalement des contrats individuels faiblement dotés supporteront la majorité des coûts de la réforme, ce qui réduira leur compétitivité vis-à-vis des autres complémentaires et créera un risque de concentration ». Comme le rappelle une récente étude de la Drees, 54% du marché de l’individuelle en 2016 était tenue par les mutuelles, contre 34% pour les assureurs et 12% pour les institutions de prévoyance…

Une filiale optique en danger ?

Mais si les complémentaires se retrouveraient gagnantes, c’est au détriment des patients… et des opticiens. Selon le pourcentage d’acheteurs dépassant le plafond de 100€ des montures, l’impact de la réforme n’est pas le même pour eux – ainsi, dans une moindre mesure, que pour l’Assurance maladie obligatoire, les fabricants de montures et de verres.

Corollaire de ce point, et tel est le second front de critiques de l’étude GIFO/Asterès, cette réforme du 100% Santé ne sera pas neutre pour l’industrie optique. Les opticiens seraient ainsi les grands perdants, avec une perte allant de 107 à 358 millions d’euros en fonction du taux de dépassement du plafond des montures par les assurés. Une telle aggravation se confirme également pour les fabricants de montures (de 28 à 83 millions d’euros), avec un impact non neutre sur l’emploi et le chiffre d’affaires de la filiale optique.
Cet impact sur la filiale optique avait été dans un premier temps souligné par l’analyse effectuée par la plateforme de services (et réseau de soins optique) Carte Blanche Partenaires. Cette dernière soulignait par ailleurs que si l’impact de la réforme du 100% Santé pour les complémentaires santé était plutôt faible en optique, il était au contraire bien plus important en dentaire…

Source : Argus de l’Assurance

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