Tribune : Pourquoi l’assurance santé prépare son virage Cloud

L’assurance santé doit repenser son modèle technologique à l’aune du Cloud et du digital, afin de mieux accompagner ses assurés au long de leur parcours de vie. C’est la conviction de Marc Frémy, directeur projet Beyond, et de Christophe d’Armancourt, directeur marketing produits, au sein de Cegedim Insurance Solutions.
 
Si l’orientation client est l’avenir des systèmes d’information (SI), les SI des assureurs santé ne font pas exception. Tels des organismes vivants, ils évoluent pour rester dans la course. L’enjeu : se différencier tout en réduisant les coûts de gestion, gagner du temps et de la valeur ajoutée sans rien céder sur la performance et la sécurité, à l’ère du cyberterrorisme. Les contraintes étant de plus en plus élevées, les solutions qui sortiront du lot n’en seront que plus « référentes ». Tout comme certaines le sont devenues pour choisir un restaurant, se géolocaliser ou écouter de la musique en streaming.
Les e-services, devenus des atouts de différenciation dans le secteur bancaire, le seront aussi de plus en plus dans l’assurance, que ce soit pour consulter ses droits de remboursement ou gérer ses contrats en temps réel, depuis tout support.
PRIME À L’AGILITÉ
À quoi pourrait ressembler le système d’information de l’assurance du futur ? Il y a fort à parier que les SI de l’assurance demain seront l’assemblage des meilleurs composants fonction par fonction, dans une logique « best of breed », s’intégrant agilement dans un écosystème existant.
Le modèle service ou « SaaS (Software as a Service) » sera donc roi. Son atout maître : la rapidité, facteur essentiel pour les équipes IT. Pour les assureurs, la réduction du « time-to-market » (temps de mise sur le marché) est décisive. Dans un monde d’immédiateté, avec des concurrents « tech » en embuscade, il s’agit d’accélérer la mise à disposition rapide d’offres à valeur ajoutée pour les assurés : contrats, prestations, services digitaux de prévention santé, en pré ou post-hospitalisation…
Les stratégies numériques des assureurs à un ou deux ans le montrent : ils iront chercher dans le Cloud les « briques » de services requises.
MICROSERVICES ET PILOTAGE DE PROCESSUS
Finie l’application monolithique et sa kyrielle de mises à jour. L’assureur assemblera des micro services. Il pourra, par exemple, opter pour une solution de gestion de la relation client (CRM), constituer en interne son propre entrepôt de données (data lake), qu’alimenteront des applications tierces. Une autre application analysera les données pour en restituer une vision 360° du parcours de l’assuré.
Il choisira un partenaire technologique (ou plusieurs) « caméléon(s) », à même de lui fournir les solutions les plus performantes, mais aussi les plus « ouvertes », interopérables avec les standards du marché. Corollaire de sécurité, l’authentification de l’assuré sur de multiples services passera par une identification unique, ou « single sign-on ».
Un assureur ou une mutuelle pourront proposer rapidement un nouveau service à leur assuré/adhérent, actionnable depuis son portable, par exemple un complément de couverture, le temps d’une location de vélo ou d’une opération chirurgicale effectuée à l’étranger. Un nombre croissant de processus seront pilotés en temps réel par l’utilisateur final. Il activera des fonctionnalités à la demande, selon le schéma du « feature flipping » facilitant ainsi les montées de versions.
L’AVENIR EST DANS LA DONNÉE
L’utilisation croissante des données sera structurante pour l’avenir de l’assurance. Sur 169 acteurs de l’écosystème santé (mutuelles, assurances, instituts de prévoyance et courtiers) interrogés par PAC/CXP Group dans une récente étude en partenariat avec Cegedim Insurance Solutions, 100 % ont des projets Big Data planifiés ou en cours. Seulement un quart de ces projets sont en cours en 2017 et l’analyse prédictive reste timide. Mais la donne change.
L’assureur de demain sera davantage qu’un simple payeur. Partenaire de santé et de prévention, il aidera l’assuré à se maintenir en forme, gérer ses rendez-vous médicaux, s’y rendre en co-voiturage, contrôler ses droits sur smartphone, commander ses traitements sur-mesure… Autant de services générateurs et consommateurs de données. Ce qui changera la manière de concevoir les logiciels. La « scalabilité » sera déterminante, en d’autres termes, la capacité à monter en charge sur des millions de personnes protégées et de redescendre après un pic d’activité, et ceci dans le cadre d’une facturation à l’usage plus adaptée à une nécessité croissante de pilotage serré des coûts.
La mise à l’état de l’art technologique ne sera plus graduée par les versions logicielles, mais continue. Le système y gagnera en « intelligence », dans sa vision des besoins du client et les moyens mis en œuvre pour y répondre. L’arrivée de l’intelligence artificielle par le biais des robots de dialogue – « chatbots » – en est un autre signe annonciateur.
S’appuyant sur des technologies plus souples et évolutives, l’assureur se rapprochera de l’assuré et de la finalité de son métier : l’humain.
 
Source : Argus de l’Assurance

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